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mercredi 26 juin 2013

Chère Madame B.

Oui, vous avez bien lu : Madame B. Généralement, c’est elle qui décide. C’est elle qui sait de quelle façon va se dérouler votre journée. C’est à elle que revient la décision à savoir si vous allez manger, CE que vous allez manger et le plus important, ce que vous allez ressentir. Êtes-vous de bonne humeur aujourd’hui ? Est-ce une bonne journée qui commence ? Devez-vous vous sentir coupable pour ce que vous avez mangé hier ? Vous ne le savez pas. C’est madame B qui décide. Et vous attendez impatiemment sa réponse.

     Que de pouvoir. Que de pouvoir relégué à Madame B. Mais pourquoi donc ? Depuis quand n’avez-vous plus le pouvoir sur votre propre vie ?


     Ce matin, vous vous trouvez belle. Il y a plusieurs jours d’ailleurs que vous aimez votre corps. Vous prenez soin de vous, vous vous entraînez par goût et vous sentez le bien-être que ça vous procure. Vous vous dites : « Tiens, je pense avoir perdu du poids ! Je vais me peser ».

Erreur.

Pourquoi ?

1) Premièrement, pour quelles raisons le poids aurait-il le dernier mot sur votre état d’âme ? Vous vous sentez bien. Ça devrait finir là, non ?

2) Deuxièmement, vous vous sentez bien, pourquoi vous faut-il une confirmation que vous avez le droit de vous sentir bien (droit que va vous fournir Madame B) ?

     Le tout se confirme. Le poids n’a pas diminué, déception. Vous vous regardez de nouveau dans le miroir et vous dites que finalement, vous n’êtes pas si belle, qu’il y a effectivement un bourrelet ici et là. Quelle situation triste. Très triste, même. Avant Madame B., vous vous sentiez bien. Mais là…

Qui peut faire un lien avec mes billets précédents ? Je fais référence à quelles notions, selon vous ? Oui, aux penséesautomatiques négatives. Vous sentez-vous aptes à restructurer votre pensée ?

     Ici, j’aimerais apporter une clarification. La balance thérapeutique (que je nomme ainsi afin de la différencier de Madame B.) est utilisée en séances. Nous l’utilisons au départ afin de diminuer le nombre de pesées à la maison, le but étant d’arriver à une pesée hebdomadaire. Pour celles qui ne se pèsent pas par évitement, le but est justement de travailler cet évitement, nourri par des distorsions cognitives, en démontrant qu’une alimentation saine, sans restriction et respectant les envies et les goûts, n’a pas de conséquence sur le poids. Une fois ce travail terminé, la balance est mis de côté, pour de bon. Et surtout, elle a été utilisée dans un cadre thérapeutique, avec un professionnel pouvant adresser les distorsions cognitives qui surgissent lors de la pesée. C’est très différent d’une pesée à la maison, où nous nous retrouvons seule avec Madame B. et surtout, seules avec nos pensées.

     Madame B. fait-elle partie de votre vie ? Quels pouvoirs lui avez-vous transmis ? A-t-elle le dernier mot sur vos sentiments et émotions ? Si c’est le cas, laissez-moi vous partagez une lettre, autrefois adressée à une ancienne amie.

Chère Madame B.,


Aujourd’hui, je vous donne votre préavis. Je n’ai plus besoin de vos services. J’ai cru que vous m’apportiez bonheur, motivation et vérité. J’ai eu tort. Avec le temps, j’ai plutôt réalisé que vous m’apportiez culpabilité, désespoir, et repli sur soi. Je vous croyais une alliée, je vous vois maintenant comme purement accessoire. Je ne vous en veux pas, je ne vous insulte pas non plus en essayant de rejeter la faute sur vous. C’est moi. C’est moi qui aie décidé de vous reléguer le pouvoir. C’est à moi, maintenant, de le reprendre. Je ferai désormais confiance à mon propre sentiment et non à votre chiffre magique, qui, entre vous et moi, n’est justement qu’un SIMPLE chiffre. Il ne qualifie aucunement ma valeur ni ma beauté. Avec les années, je vous ai transféré trop de pouvoir que j’aimerais regagner. À cet effet, je vous annonce que vous êtes sur vos derniers milles. En fait, à l’instant même où j’écris ces lignes, vous vous préparez pour un long voyage. J’ai tout de même un merci à vous faire. Merci de m’avoir permis de travailler sur mes pensées, mes distorsions. Merci de m’avoir fait comprendre que je suis belle, peu importe le chiffre que vous décidez de me donner. Je suis prête, maintenant. Je me sens assez forte pour vous dire au revoir. 

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