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samedi 14 septembre 2013

Témoignage : j’ai dit NON à la balance chez le médecin

IMAVI aimerait partager avec vous un témoignage reçu dernièrement d’une femme désirant garder l’anonymat. Nous vous remercions sincèrement de ce partage et c’est avec plaisir que nous le publions.

Mon histoire est toute simple, c’est celle d’une femme à son rendez-vous médical annuel.

Mon médecin de famille a demandé à me peser. À l’époque, je me pesais ponctuellement, sans régularité, et en évitant quelques fois la balance. Monter sur ce bidule à chiffre n’était pas mon activité préférée. J’ai toujours été une femme « forte », ma mère m’a longtemps dit que j’avais « de gros os » et que c’est ce qui expliquait ma forte stature. Je n’ai jamais fait d’embonpoint, mais je n’ai jamais été une fille de stature filiforme. J’aimais mon corps, mais j’étais de celles qui voulaient constamment perdre « ce petit 15 livres en trop ».

Je monte alors sur la balance médicale, et en redescend…


« Ouin, va falloir que t’arrêtes de manger de la crème glacée ! »

Intérieurement, j’ai senti un déséquilibre. Je n’étais pas certaine de comprendre tout ce que cette réplique impliquait, mais je comprenais que j’avais pris du poids dernièrement, et que c’était mal. Je venais de dépasser d’un point mon IMC santé.

« Tsé, le lait 2 % que tu bois, ça contient 2 % de gras. La crème à 35 %, c’est la même chose, mais glacée, et c’est 35 % de gras ! »

Je suis sortie de son bureau honteuse, la tête basse. Honteuse, mais avec un but. Celui de perdre du poids. Je ne me suis jamais posée plus de questions. C’était très simple comme équation. J’avais pris du poids, je devais donc en perdre. Aucune idée du comment ni pourquoi : aucune question ne m’avait été posée. On n’avait ni investigué ni compris cette prise de poids. Pourtant, une vérité m’avait été imposée : celle que je mangeais trop de crème glacée.

C’est vrai que j’aimais la crème glacée…

J’aurais aimé qu’il me demande comment j’allais. Pas d’une façon froide en regardant sa fameuse fiche annuelle à cocher. D’une façon humaine, à « vraiment » vouloir savoir la réponse.

J’ai lu rapidement sur internet comment perdre du poids, mon médecin m’ayant laissée seule à travers ce processus. J’ai toujours été contre les diètes même si, à l’époque je ne savais pas ce que je sais présentement, soit qu’elles ne fonctionnent pas à long terme (dans 95 % des cas). Je me croyais fautive ; j’aime manger. Je croyais que c’était ma faute si je ne pouvais suivre une diète plus de 2 semaines. J’ai alors cherché une diète qui ne comprenait pas de restrictions. J’en ai appliqué une qui me permettait de manger 1200 calories par jour (!!!). Si je faisais de l’exercice (ce qu’elle encourageait), je devais manger plus de calories pour compenser la perte.

J’ai perdu du poids rapidement.
Et ce qui devait arriver, arriva.

Lorsque j’ai atteint le poids que je jugeais acceptable, j’ai arrêté de suivre ma diète, et j’ai repris du poids. 1200 calories n’étaient définitivement pas assez pour moi.

C’est là que j’ai commencé à lire, à apprendre, à cheminer. J’ai appris à aimer mon corps pour ce qu’il était, à faire confiance à mes sensations de faim et de satiété et j’ai dit ADIEU à ma balance. J’ai trouvé mon poids naturel.

L’année d’après, le rendez-vous annuel arrivait, et j’ai remarqué que mon anxiété augmentait. Je ne voulais pas me faire peser. Je m’étais préparée, mais je fus incapable de m’affirmer. Cette année-là, il m’a mesurée. L’année d’après, il m’a pesée. Les chiffres ne me dérangeaient pas, c’était l’acte qui me dérangeait. Je n’ai pas de problème de santé. Je ne fais pas d’embonpoint. Je fais un peu d’exercice. Qu’est-ce que ça lui donne de savoir mon tour de taille ou mon poids ?

Cette année, j’ai continué ma préparation mentale…

Lors de mon rendez-vous annuel, à l’affirmation « Ok, tu peux monter sur la balance », je répondis avec mon plus grand sourire : NON.

« Hen ? » répondit mon médecin en levant la tête de sa fiche et avec un air surpris.

J’ai éclaté de rire.
« NON, ai-je répondu. Je n’ai pas besoin que tu me pèses. Tout va bien, merci ».

S’en est suivi une bonne discussion sur l’alimentation, le poids, les signaux de faim et de satiété, l’IMC et l’image corporelle… et j’ai laissé votre site internet en référence ;)

Depuis, je ne me pèse jamais.
Je mange ce que je veux, tout en maintenant un équilibre.
Je respecte mes signaux.
Je ne me restreins pas.
Je fais de l’exercice quand j’ai le temps et quand ça me tente.
Et j’aime mon corps.

Ce fut tout un apprentissage, et je suis heureuse de l’avoir fait.

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