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jeudi 28 mai 2015

Tomber, et retomber… ou l’art de se relever La rechute dans le processus de guérison

Billet écrit pour le blogue d'ANEB, disponible aussi à cette adresse


Lorsqu’un enfant apprend la bicyclette, y arrive-t-il du premier coup ?
Est-ce qu’il tombe ?
Combien de fois ?
En quoi sa ou ses chutes peuvent-elles être utiles ?

C’est en tombant que l’enfant apprendra ce qu’est l’équilibre. C’est en ressentant son corps « physiquement » tomber, qu’il comprendra comment mettre un contrepoids afin de garder son équilibre. L’équilibre ne s’apprend pas cognitivement. L’enfant doit le vivre pour l’apprendre.


Dans un billet précédent, j’écrivais qu’il était « important de comprendre que le rétablissement [pouvait] prendre différentes formes pour chacune des personnes touchées. [… Qu’il n’existait] pas un portrait identique de la maladie chez tout le monde, non plus qu’il n’existait une recette à appliquer parfaitement pour faire « disparaître » le trouble [alimentaire] de la même façon chez tout le monde. »

La guérison, c’est un processus. Avec différentes étapes, des hauts et des bas, des apprentissages, certains simples, d’autres plus compliqués. Ce processus implique un changement dans les comportements, les attitudes, les modes de réaction, qui peuvent, à leur tour entraîner un déséquilibre.

C’est à cet instant que la rechute peut survenir.

Rechute : n.f. : « Reprise évolutive d'une maladie qui était en voie de guérison. Action de retomber dans un mal, dans une mauvaise habitude. » (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/rechute/67021#bbV4ElwFss04iEyV.99)


Retour de la maladie ou opportunité de changement

De prime abord, la rechute peut être perçue comme étant négative : c’est le « retour de la maladie ». Par conséquent, elle peut apporter son lot de découragement. Les personnes qui la vivent peuvent avoir l’impression de ne « pas avoir été capables » de guérir, de ne pas être « assez bonnes ». Elles perçoivent la rechute comme un échec.


Les mythes à défaire

La rechute est un signe de faiblesse fait partie de la guérison
La rechute est la preuve que je ne guérirai jamais  suis humain-e
La rechute est négative  une opportunité de changement
La rechute est honteuse  normale
La rechute démontre que je n’ai rien appris  j’ai quelque chose à apprendre
Je suis responsable de ma rechute  ma guérison


Permettons-nous une autre perspective

La rechute est un indice. En ce sens, elle peut être extrêmement utile. Elle nous indique où mettre nos énergies. Qu’est-ce que la rechute nous apprend ? Quel est le message qu’elle nous envoie ? Que se passe-t-il en ce moment ? Y a-t-il un enjeu qui n’aurait pas été travaillé ? Une nouvelle source de stress ? Une période plus difficile? Un changement ardu? Un manque d’outils, de ressources ?

Le processus de guérison n’est pas linéaire. La rechute n’est qu’un mot pour expliquer cette réalité. Simple question de sémantique direz-vous ? Peut-être. Mais si ça peut faire la différence en déculpabilisant et en redonnant du courage pour continuer, alors ce sera déjà ça de gagner.

Droits à Marie-Michèle Ricard

Pendant le processus de guérison, la vie continue, ce qui implique des relations interpersonnelles parfois complexes, des changements dans les habitudes de vie, des sources de stress, des moments plus faciles et, plus difficiles.

La vie n’est pas mise sur « pause », et c’est très bien ainsi. C’est à travers ces hauts et ces bas que le processus peut, et doit se dérouler. 

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