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jeudi 27 août 2015

Être accro à la chirurgie plastique n’est pas une passion.


     Récemment, l’histoire de Georgina Clarke et de sa fille Kayla Morris fait le tour de la webosphère.

 Georgina Clarke et Kayla Morris. (Capture d'écran YouTube)


 Avant leurs nombreuses chirurgies plastiques. (Capture d'écran YouTube)

Une phrase a attiré mon attention : « Georgina Clarke et sa fille, Kayla Morris, ont la même passion: elles sont accros aux chirurgies plastiques. » TVA Nouvelles

Être accro à la chirurgie plastique n’est pas une passion.


Je crois qu’il est possible d’avoir une passion pour la mode, pour le maquillage, pour les coiffures. Au même titre qu’on peut développer une passion pour les voitures, les films, les livres. Une passion, c’est un fort intérêt pour quelque chose.

Par contre, quand, à dix ans, on planifie une augmentation mammaire, quand notre vie entière tourne autour des chirurgies à planifier, à exécuter, à payer, on peut définitivement parler d’une dépendance. Une dépendance n’est pas un fort intérêt. Une dépendance, c’est une compulsion de comportements (des comportements répétitifs, obligatoires).

Une passion amène du plaisir et un sentiment d’accomplissement. Elle rejoint notre identité. Une dépendance DICTE nos comportements. On DOIT agir d’une certaine façon afin de répondre à un besoin pressant ressenti. Et si le comportement n’est pas exécuté, l’anxiété et la souffrance augmentent à un point tel où ce n’est plus vivable pour la personne.

La dépendance à la chirurgie esthétique est problématique et peut occasionner une grande souffrance pour les personnes touchées, ainsi que pour leur entourage.

Qu’arrivera-t-il quand l’argent ne sera plus disponible pour d’autres chirurgies ?
Qu’arrivera-t-il lorsque la chirurgie ne donnera plus les effets escomptés ?
Qu’arriverait-il si une chirurgie n’était plus disponible, non accessible ?

Il existe des cas de dépendance à la chirurgie esthétique qui cachent en fait un autre trouble psychologique : la peur d’une dysmorphie corporelle, un trouble se caractérisant par une préoccupation excessive face à un défaut de l’apparence corporelle.

La personne passe alors beaucoup de temps afin de cacher, faire disparaître, ou modifier ce défaut. La personne peut passer des heures devant le miroir chaque jour afin de cacher des défauts de son visage, passer trente, quarante, cinquante fois devant le miroir et essayer des dizaines de pantalons différents pour changer la forme de ses fesses – voire même tenter de les modifier avec d’autres vêtements, ou encore vouloir avoir une chirurgie esthétique pour modifier l’apparence de son nez. Les pensées de la personne sont occupées presque exclusivement par le défaut. La personne n’est jamais satisfaite de son image. Il y a toujours quelque chose à faire pour la modifier. C’est un trou sans fin.

On ne peut passer sous silence que l’idéal recherché dans les chirurgies esthétiques est d’atteindre un idéal, que le corps dans sa forme et son apparence actuels n’est pas satisfaisant, et qu’il est plus « facile » de tout modifier (continuellement) que de s’accepter. À n’importe quel prix.

Je ne suis pas contre la chirurgie esthétique. Je crois que, comme dans toute chose, l’équilibre est important. Quel est le but recherché par cette chirurgie ? Quelle est la motivation ? Quel est le sens de ce comportement ? Et au risque de me répéter : NON, la dépendance à la chirurgie esthétique n’est pas une passion.


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