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lundi 1 février 2016

5 choses à ne jamais dire à une personne qui souffre de boulimie

«  Au moins, tu manges, c’est moins pire que l’anorexie »
La boulimie est un trouble alimentaire, au même titre que l’anorexie et l’hyperphagie. Un trouble alimentaire, c’est un trouble mental, une maladie. Tenter de les classer en termes de gravité n’aide, ni votre compréhension, ni la personne qui souffre. Parce que oui, elle souffre, peu importe ses comportements alimentaires. Il est vrai que les comportements boulimiques diffèrent de ceux vécus par l’anorexie. Par contre, la souffrance liée à ces comportements, aux obsessions alimentaires, aux préoccupations obsessives de poids et d’image… cette souffrance est réelle. Et qu’elle soit vécue à l’intérieur d’un trouble anorexique ou boulimique ne change rien. La personne n’est pas « chanceuse de n’être que boulimique ». Elle est malade et a besoin de votre soutien et de votre écoute. Il ne faut jamais oublier que la boulimie peut malheureusement aussi conduire à la mort.


« Fais juste arrêter d’en acheter [des chips] ! »
Les compulsions alimentaires vécues à l’intérieur du trouble boulimique sont liées de très près à la restriction alimentaire ; le fait que la personne se refuse de manger certains aliments, ou encore se culpabilise en les mangeant. Arrêter d’acheter ces aliments ne fait que mettre un pansement sur le bobo, pansement qui se déchirera très bientôt. Afin de bien comprendre la présence de ce trouble alimentaire, il faut se permettre d’aller bien au-delà de la composante alimentaire, notamment en comprenant l’insatisfaction corporelle et la faible estime de soi. Finalement, afin de se rétablir, la personne devra, justement, en acheter « des chips », afin de réapprendre à vivre sainement avec la nourriture.

« Contrôle-toi, t’es capable d’arrêter de manger »
Les compulsions alimentaires ne sont pas un manque de volonté et impliquent une perte de contrôle ainsi qu’une grande souffrance. La personne ne peut donc pas « simplement arrêter de manger ». C’est justement ce contrôle restrictif qui amène souvent la personne à avoir des crises alimentaires. Tenter de les régler avec encore plus de contrôle ne fonctionnera malheureusement pas et on risque d’augmenter le sentiment de culpabilité de la personne en la responsabilisant face à ses crises. Elle pourrait malheureusement comprendre qu’elle n’est pas assez bonne ou assez forte pour arrêter de manger.

« T’es pas vraiment boulimique si tu ne te fais pas vomir »
La boulimie implique la présence de crises alimentaires accompagnées de comportements compensatoires, avec une faible estime de soi et de grandes insatisfactions corporelles que la personne tente de contrôler avec l’alimentation. Il est faux de penser que le seul comportement compensatoire qui existe est le vomissement. L’exercice physique intensif pratiqué dans le but de brûler toutes les calories ingérées est aussi un comportement compensatoire, comme plusieurs autres d’ailleurs, et comporte aussi plusieurs dangers pour la santé. Il est important de toujours revenir à la souffrance que vit la personne, peu importe le comportement compensatoire utilisé.

« Ben… t’es quand même pas maigre, là… »
On ne peut reconnaître la présence d’un trouble alimentaire avec l’apparence. Insinuer que la personne aurait quand même du poids à perdre, ou qu’encore, elle ne peut être « si » malade parce qu’elle n’a pas une apparence rachitique n’a pas sa place. La personne souffre, et est insatisfaite de son corps à un point tel que sa relation avec la nourriture est altérée. Elle est obsédée par ses insatisfactions et son contrôle alimentaire.

Alors… que dire à une personne qui souffre de boulimie ?

Vous savez quoi ? Vous n’avez pas absolument à dire quelque chose. Personne n’attend de vous que vous vous proclamiez professionnel de la santé et expert en troubles alimentaires. Vous pouvez simplement être là. Présent. À l’écoute. Quel mot revient le plus dans les explications plus haut ? La souffrance. Il peut être aidant, pour la personne, de voir que vous êtes à l’écoute. Que vous vous inquiétez. Que vous êtes témoin de sa souffrance et que l’aide existe. Qu’en restant seul, la maladie prend de plus en plus de place. Mais qu’en brisant l’isolement, on laisse entrer la lumière, et l’espoir.


L’aide existe autant pour les proches que pour les personnes directement atteintes. N’hésitez pas à faire appel aux différents services. Du 31 janvier au 6 février, c'est la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires organisée par ANEB Québec et la Maison l'Éclaircie. Visitez www.semainetroublesalimentaires.com pour plusieurs outils et services.

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